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La période d'essai en Suisse : règles et durée

Durée, préavis de 7 jours, prolongation, licenciement : les règles de la période d'essai en Suisse, expliquées pour les frontaliers venus de France.

Mis à jour · 17 septembre 20267 minpar
Enveloppe officielle et paire de lunettes sur un bureau, lumière naturelle
En bref

En Suisse, la période d'essai (le « temps d'essai ») dure un mois par défaut et trois mois au maximum, quand rien de plus long n'est fixé par écrit dans le contrat ou une convention collective. Pendant cette période, chaque partie peut résilier le contrat à tout moment avec un préavis de sept jours, sans avoir à se justifier. Le temps d'essai se prolonge du nombre de jours de travail manqués pour cause de maladie, d'accident ou de service obligatoire. Un contrat de durée déterminée n'a pas de période d'essai automatique.

Tu viens de France, tu décroches un poste en Suisse, et le contrat mentionne un « temps d'essai de trois mois ». C'est plus long que ce à quoi tu es habitué, et les règles ne sont pas les mêmes qu'en France. Combien de temps dure vraiment cette période ? Peut-on être licencié du jour au lendemain ? Que se passe-t-il si on tombe malade ?

Pour un frontalier ou un candidat qui découvre le marché suisse, la période d'essai est souvent le point le plus flou du contrat. Elle est pourtant encadrée de façon claire par le Code des obligations. Voici ce que dit la loi, expliqué simplement, avec ce qui change concrètement pour toi.

Combien de temps dure la période d'essai en Suisse ?

La règle de base tient en deux chiffres. Selon l'article 335b du Code des obligations, si rien n'est convenu par écrit, le premier mois du contrat compte comme temps d'essai. Les parties peuvent toutefois s'accorder par écrit sur une durée différente, dans une limite : le temps d'essai ne peut jamais dépasser trois mois.

Concrètement, cela laisse plusieurs cas de figure :

SituationDurée du temps d'essai
Rien de précisé dans le contrat1 mois (par défaut)
Durée fixée par écrit dans le contratCe qui est écrit, maximum 3 mois
Convention collective (CCT) ou contrat-typeLa durée qu'elle prévoit, plafonnée à 3 mois
Temps d'essai supprimé par écritAucun
Contrat de durée déterminée (CDD)Aucun, sauf accord écrit

Trois mois est donc le plafond absolu, jamais une obligation. Beaucoup d'employeurs suisses inscrivent trois mois par habitude, mais tu peux tout à fait négocier une durée plus courte avant de signer. À l'inverse, une clause qui prévoirait quatre mois serait illégale et ramenée à trois.

Un point qui surprend souvent les candidats venus de France : le contrat de durée déterminée n'entraîne pas de période d'essai automatique. Si ton CDD n'en mentionne aucune, il n'y en a pas, sauf si les deux parties l'ont ajoutée par écrit.

Quel est le préavis pendant la période d'essai ?

C'est la différence la plus marquante avec la France. Pendant le temps d'essai, chacune des deux parties peut mettre fin au contrat à tout moment, avec un délai de congé de sept jours seulement.

Ce délai de sept jours court en jours calendaires, pas en jours ouvrés. Contrairement au préavis qui s'applique après l'essai, il n'a pas besoin de tomber à la fin d'un mois : le congé peut être donné n'importe quel jour, et les sept jours démarrent à ce moment-là.

Autre particularité : aucun motif n'est exigé. Ni l'employeur ni le salarié n'ont à expliquer pourquoi ils rompent le contrat. C'est précisément la fonction du temps d'essai : permettre à chacun de vérifier, sans engagement lourd, que la collaboration fonctionne.

Cela vaut dans les deux sens. Si tu réalises que le poste ne te convient pas, tu peux partir avec ce même préavis de sept jours, sans avoir à te justifier.

Peut-on être licencié pendant la période d'essai ?

Oui, et c'est bien l'esprit de cette période. Les protections qui existent normalement contre les licenciements « en temps inopportun » (articles 336c et 336d du Code des obligations) ne s'appliquent pas pendant le temps d'essai.

En clair, pendant l'essai, un employeur peut mettre fin au contrat même si le salarié est malade, victime d'un accident ou enceinte. Ces situations, qui bloquent un licenciement une fois l'essai terminé, ne protègent pas encore le collaborateur.

Il reste malgré tout une limite. Le licenciement ne doit pas être abusif au sens de l'article 336 du Code des obligations. Un congé donné pour un motif discriminatoire (origine, sexe, religion, appartenance syndicale) ou parce que le salarié a exercé un droit constitutionnel peut être contesté et donner lieu à une indemnité. Autrement dit, l'absence de motif est la norme, mais un motif discriminatoire reste sanctionnable, même pendant l'essai.

La période d'essai peut-elle être prolongée ?

Oui, dans des cas précis, et c'est utile à connaître. L'article 335b, alinéa 3, prévoit que le temps d'essai est prolongé lorsque le travail est interrompu pour l'une de ces raisons :

Ce qui prolonge le temps d'essaiCe qui ne le prolonge pas
MaladieVacances
AccidentCongé sans solde
Service obligatoire (militaire, civil, protection civile)Absences de courte durée
Grossesse et congé maternité

La prolongation se fait au prorata : le temps d'essai est allongé du nombre de jours de travail effectivement manqués. Seuls les jours qui auraient dû être travaillés comptent. Une incapacité survenant un dimanche, par exemple, n'entre pas dans le calcul.

Une conséquence à garder en tête : à cause de ces prolongations, le temps d'essai peut, dans les faits, s'étendre au-delà de trois mois de calendrier. Et pendant toute cette prolongation, le salarié reste sans la protection habituelle contre le licenciement. Une longue absence pour maladie ne met donc pas à l'abri d'une résiliation.

Qu'est-ce qui change pour un frontalier ou un candidat français ?

Si tu arrives du système français, quelques repères t'aident à ne pas te tromper.

  • Le vocabulaire. En Suisse, on parle de « temps d'essai » plutôt que de période d'essai, mais c'est la même chose.
  • La durée. Trois mois maximum, là où la France distingue des durées par catégorie. Le plafond suisse est unique et net.
  • Le préavis. Sept jours pendant l'essai, ce qui est très court. Un candidat peut se retrouver sans emploi rapidement, mais peut aussi partir tout aussi vite s'il reçoit une meilleure offre.
  • Le statut de frontalier. Une fin de contrat pendant l'essai a des conséquences sur ton permis G et sur tes droits au chômage. Ces règles relèvent d'organismes spécialisés, pas de ton employeur : renseigne-toi auprès de ta caisse de chômage et de l'administration compétente avant de signer.

Sur le fond, l'essai reste une période d'observation mutuelle. La meilleure façon de la passer sereinement, c'est d'arriver avec une candidature qui a déjà convaincu sur les bons critères. Un CV calibré aux codes suisses et une lettre alignée sur l'offre réduisent le risque de malentendu dès le départ. C'est exactement ce que fait candidat.app : à partir de ton vrai parcours, l'outil génère un CV et une lettre adaptés à chaque offre et aux attentes du marché suisse, sans rien inventer. Pour aller plus loin sur la forme attendue, lis aussi notre article sur la longueur d'un CV en Suisse et celui sur le fonctionnement des logiciels ATS.

En résumé

La période d'essai en Suisse dure un mois par défaut et trois mois au maximum, cette durée devant être fixée par écrit pour dépasser un mois. Pendant l'essai, chaque partie peut rompre le contrat à tout moment avec un préavis de sept jours, sans motif à fournir. Les protections contre le licenciement en cas de maladie, d'accident ou de grossesse ne s'appliquent pas encore, mais un congé abusif ou discriminatoire reste sanctionnable. Le temps d'essai se prolonge du nombre de jours de travail manqués pour maladie, accident ou service obligatoire, mais pas pour des vacances ou une grossesse. Enfin, un contrat de durée déterminée n'a pas de temps d'essai automatique.

FAQ

Quelle est la durée maximale d'une période d'essai en Suisse ?

Trois mois. C'est un plafond légal fixé par l'article 335b du Code des obligations. Toute clause prévoyant une durée plus longue est ramenée à trois mois. Si le contrat ne dit rien, le temps d'essai est d'un mois.

Peut-on être licencié pendant la période d'essai sans motif ?

Oui. Pendant le temps d'essai, chaque partie peut résilier le contrat à tout moment, sans avoir à se justifier, avec un préavis de sept jours. Seul un motif abusif ou discriminatoire rend le congé contestable.

Le préavis de sept jours tombe-t-il en fin de mois ?

Non. Contrairement au préavis appliqué après l'essai, le délai de sept jours court dès la notification du congé, n'importe quel jour, en jours calendaires.

La maladie prolonge-t-elle le temps d'essai en Suisse ?

Oui. Le temps d'essai est prolongé du nombre de jours de travail réellement manqués pour cause de maladie, d'accident ou de service obligatoire. Les vacances, le congé sans solde et la grossesse ne le prolongent pas.

Un contrat de durée déterminée a-t-il une période d'essai ?

Pas automatiquement. Un CDD ne prévoit pas de temps d'essai par défaut. Il n'en existe un que si les deux parties l'ont convenu par écrit.

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