Article · Entretien

« Quelles sont vos faiblesses ? » : comment répondre

La question des faiblesses en entretien piège encore beaucoup de candidats. Méthode, exemples et codes suisses pour répondre avec justesse, sans se saboter.

Mis à jour · 13 septembre 20267 minpar
Table de réunion avec deux verres d'eau et un carnet fermé
En bref

Pour répondre à « quelles sont vos faiblesses » en entretien, choisis une vraie faiblesse, réelle mais non critique pour le poste, puis montre ce que tu fais pour progresser. La structure gagnante : nommer la faiblesse, donner un exemple concret, expliquer ta démarche d'amélioration, terminer sur le résultat. Évite la fausse humilité (« je suis trop perfectionniste »), qui sonne faux, et ne cite jamais une faiblesse directement liée à une compétence clé du poste. En Suisse, la franchise mesurée et l'humilité sont valorisées : sois authentique, précis, et illustre par un fait.

« Quelles sont vos faiblesses ? » Peu de questions génèrent autant de silence gêné en entretien. Bien répondre à la question de vos faiblesses en entretien est pourtant un vrai levier de crédibilité. Si tu prépares un poste en Suisse depuis la France ou en tant que frontalier, elle mérite une attention particulière : les codes locaux ne récompensent pas la même chose qu'ailleurs. Ici, une réponse trop lisse ou trop arrogante te dessert, alors qu'une réponse honnête et posée renforce ta crédibilité.

Le piège, c'est de croire qu'il faut cacher ses défauts. Le recruteur ne cherche pas un candidat parfait, il cherche quelqu'un qui se connaît et sait travailler sur lui-même. Cet article te donne une méthode simple, des exemples concrets, et les repères propres au marché suisse pour répondre avec justesse.

Pourquoi les recruteurs posent-ils cette question ?

Cette question n'est pas un test de sincérité brute, ni un piège gratuit. Le recruteur veut évaluer trois choses en même temps : ta capacité d'auto-analyse, ton honnêteté, et ta maturité professionnelle.

Les recruteurs ne cherchent pas un candidat sans défaut. Ils cherchent quelqu'un qui a conscience de ses faiblesses, qui a mis des solutions en place pour les contrer, et dont ces faiblesses ne handicaperont pas le poste visé (Talentissim). Autrement dit, ta réponse en dit plus sur ta lucidité que sur ton défaut lui-même.

En Suisse, cette lecture est encore plus marquée. Les recruteurs valorisent la précision, la concision et l'authenticité, et apprécient particulièrement les candidats confiants mais humbles (Leman-RH). Une réponse authentique reflète le sérieux et la fiabilité, deux qualités centrales aux yeux d'un employeur suisse. La franchise, la discrétion et l'humilité comptent, ce qui rend la fausse modestie particulièrement contre-productive de ce côté de la frontière.

Quelle faiblesse choisir (et laquelle éviter) ?

Le choix de la faiblesse compte plus que la formulation. La règle est simple : une faiblesse réelle, mais qui ne touche pas au cœur du poste.

Il ne faut pas mentionner de faiblesse directement liée aux compétences requises. Postuler comme comptable en avouant des difficultés en mathématiques, ou comme chef de projet en disant « je suis désorganisé », ferme la porte immédiatement (Coursera). À l'inverse, une faiblesse périphérique, sur laquelle tu progresses, rassure.

Type de réponseEffet sur le recruteurExemple
Fausse humilitéSonne faux, agace« Je suis trop perfectionniste »
Faiblesse critique pour le posteÉlimine la candidature« J'ai du mal à respecter les délais » pour un poste de gestion
NégationParaît arrogant ou peu lucide« Je ne me connais pas de faiblesse »
Faiblesse réelle, non critique, avec progrèsRassure, crédibilise« J'ai longtemps eu du mal à déléguer, voici comment j'ai changé »

Quelques faiblesses souvent bien reçues, à condition qu'elles ne soient pas centrales pour le poste : la difficulté à déléguer, l'inconfort à parler en public, la tendance à trop s'investir dans le détail, ou la maîtrise encore partielle d'un logiciel peu familier. L'important n'est pas la faiblesse elle-même, mais la démarche que tu montres autour.

Comment structurer sa réponse ?

Une bonne réponse tient en une à deux minutes et suit une progression claire. La méthode STAR, utilisée pour les questions comportementales, s'adapte très bien ici : elle t'oblige à ancrer ta faiblesse dans un fait concret plutôt que dans une phrase toute faite (Indeed).

Décline ta réponse en quatre temps :

  1. La faiblesse. Nomme-la simplement, sans dramatiser ni minimiser. Une phrase suffit.
  2. La situation. Donne un exemple réel où cette faiblesse s'est manifestée. Le concret prouve ta sincérité.
  3. L'action. Explique ce que tu as mis en place pour progresser : une formation, une nouvelle méthode, un outil, un accompagnement.
  4. Le résultat. Termine sur l'amélioration observée. C'est ce que le recruteur retient.

L'erreur classique est de s'arrêter à la première étape, ce qui laisse une impression négative sans contrepoids. La force de la réponse vient des étapes 3 et 4 : elles transforment un défaut en preuve de progression. Reste honnête sur ce que tu as réellement fait, car un exemple inventé se fissure à la première question de suivi.

Voici un exemple complet, calibré pour un ton suisse, direct mais mesuré :

En bref

« J'ai longtemps eu du mal à déléguer, par crainte que le résultat ne soit pas à la hauteur. Dans mon poste précédent, cela m'amenait à surcharger mes soirées. J'ai commencé à formaliser mes attentes par écrit avant de confier une tâche, et à faire des points d'étape courts plutôt que de tout reprendre à la fin. Résultat : mon équipe a gagné en autonomie et j'ai retrouvé du temps pour les priorités. Je reste vigilant là-dessus, mais je sais maintenant m'appuyer sur les autres. »

Cette réponse fonctionne parce qu'elle est concrète, qu'elle assume la faiblesse sans se flageller, et qu'elle finit sur une note positive et honnête. Elle respecte aussi les codes suisses : pas de survente, pas de fausse perfection.

Quels codes suisses faut-il connaître ?

Si tu viens de France, un réflexe peut te desservir : celui de « vendre » à tout prix, y compris ses défauts transformés en qualités. Sur le marché suisse, cette approche est souvent perçue comme excessive.

Les recruteurs suisses apprécient les réponses claires, précises et illustrées d'exemples concrets, et valorisent une attitude à la fois confiante et humble (Connexion-Emploi). En Suisse romande, la franchise, la discrétion et l'humilité sont particulièrement appréciées. Le ton reste professionnel mais un peu plus détendu qu'en Suisse alémanique, où la formalité domine.

Concrètement, pour cette question :

  • Reste factuel. Un exemple précis vaut mieux qu'un discours général.
  • Ne survends pas. « Je suis trop perfectionniste » passe pour de l'esquive. Une vraie faiblesse assumée inspire davantage confiance.
  • Garde la mesure. Ni auto-flagellation, ni minimisation. La justesse prime.
  • Prépare, sans réciter. Une réponse trop lisse sonne apprise par cœur. Le recruteur suisse valorise l'authenticité.

Si tu prépares l'entretien plus largement, notre article sur les questions d'entretien en Suisse complète ces repères. Et pour arriver avec un dossier cohérent, mieux vaut que ton CV et ta lettre parlent déjà le même langage que tes réponses : c'est ce que candidat.app t'aide à construire, en adaptant tes documents à chaque offre et aux codes suisses, à partir de ton vrai parcours.

En résumé

La question des faiblesses ne teste pas ta perfection, mais ta lucidité. Choisis une faiblesse réelle et non critique pour le poste, jamais une compétence clé de l'offre. Structure ta réponse en quatre temps : la faiblesse, un exemple concret, ta démarche de progrès, le résultat obtenu. Fuis la fausse humilité du type « trop perfectionniste », qui sonne faux partout, et plus encore en Suisse. Ici, la franchise mesurée, l'humilité et l'authenticité sont des atouts : une réponse honnête et posée te crédibilise bien plus qu'une pirouette. Prépare ton exemple à l'avance, sans le réciter.

FAQ

Faut-il vraiment donner une vraie faiblesse ?

Oui. Nier en avoir passe pour de l'arrogance ou un manque de recul. Le recruteur cherche ta capacité d'auto-analyse, pas un profil sans défaut. Une faiblesse réelle, non critique, sur laquelle tu progresses, est la meilleure réponse.

« Je suis trop perfectionniste » est-elle une bonne réponse ?

Non, c'est l'exemple à éviter. Cette formule est perçue comme une esquive, une fausse faiblesse déguisée en qualité. Les recruteurs la connaissent par cœur et elle trahit un manque de sincérité, ce qui joue contre toi en Suisse.

Combien de faiblesses citer ?

Une, éventuellement deux. Une seule faiblesse bien développée, avec exemple et progression, vaut mieux qu'une liste. Garde ta réponse à une ou deux minutes maximum.

Le marché suisse attend-il quelque chose de particulier ?

Oui. La franchise, l'humilité et l'authenticité y sont valorisées, surtout en Suisse romande. Évite de survendre : une réponse trop lisse ou trop assurée peut te desservir. Reste factuel, mesuré et honnête.

Que faire si ma faiblesse touche une compétence du poste ?

Change de faiblesse. Ne cite jamais un défaut lié à une compétence clé de l'offre. Choisis une faiblesse périphérique, réelle, qui ne remet pas en cause ta capacité à tenir le poste.

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