Un bon CV de développeur met la stack technique en haut (langages, frameworks, outils), suivie des expériences décrites par l'impact (« migré X vers Y, réduit le temps de build de 40 % ») et non par la liste des tâches. Il inclut une section projets (avec liens GitHub / portfolio) qui compte autant que le diplôme, surtout pour les profils junior. Il tient sur 1 à 2 pages, reste sur une seule colonne pour rester lisible par les ATS, et reprend les technologies exactes de l'offre. Le piège classique : lister 30 technologies sans niveau ni contexte. Mieux vaut 10 maîtrisées, montrées en action.
Le CV de développeur a une particularité : il est lu deux fois. D'abord par un logiciel de tri (l'ATS) et un recruteur non technique, qui cherchent des mots-clés : un langage, un framework, un intitulé. Ensuite, si tu passes, par un lead ou un CTO, qui veut voir ce que tu as réellement construit. Un bon CV parle à ces deux lecteurs à la fois.
Dans cet article : la structure section par section, un exemple concret d'organisation, la façon de présenter ta stack et tes projets, et les erreurs qui font recaler des profils pourtant solides.
La structure d'un CV de développeur
L'ordre des sections n'est pas neutre. Un recruteur tech veut trouver ta stack et tes réalisations vite. Voici l'ossature qui fonctionne, du haut vers le bas.
| Section | Ce qu'on y met | Pourquoi en priorité |
|---|---|---|
| En-tête | Nom · intitulé (« Développeur back-end », « Full-stack ») · ville · email · GitHub · LinkedIn | L'intitulé cadre la lecture ; le lien GitHub est un différenciateur |
| Résumé (2-3 lignes) | Ton profil, ta stack principale, ce que tu cherches | Donne le contexte avant les détails |
| Compétences techniques | Langages, frameworks, bases de données, outils, cloud | C'est ce que l'ATS et le recruteur scannent en premier |
| Expérience professionnelle | Postes, décrits par l'impact et le contexte technique | Le cœur du CV |
| Projets / open source | Réalisations perso, side-projects, contributions, avec liens | Compte énormément, surtout en junior |
| Formation | Diplômes, certifications (AWS, Azure, Scrum…) | Utile mais rarement décisif seul |
| Langues | Français, anglais (souvent indispensable), allemand | Marché suisse : l'anglais technique est presque toujours attendu |
Pour un profil junior ou en reconversion, la section Projets peut passer avant l'expérience : c'est là que tu prouves que tu sais coder, même sans années en entreprise.
Comment présenter ta stack technique
C'est la section la plus mal faite. Deux erreurs reviennent : la liste fourre-tout de 30 technologies, et l'absence totale de hiérarchie. Le recruteur ne sait pas ce que tu maîtrises vraiment.
La bonne méthode : regrouper par catégorie et hiérarchiser. Par exemple :
- Langages : TypeScript, Python, SQL (courant) · Go (notions)
- Front-end : React, Next.js, Tailwind
- Back-end : Node.js, PostgreSQL, REST/GraphQL
- Cloud / DevOps : Docker, AWS, CI/CD (GitHub Actions)
- Outils : Git, Jira, Figma
Trois principes :
- Mets en avant ce que demande l'offre. Si l'annonce cherche React et AWS, ces deux-là doivent sauter aux yeux, pas être noyés en fin de liste.
- N'inscris pas ce que tu ne peux pas défendre en entretien. Une techno sur ton CV = une question potentielle. Le bluff se voit en cinq minutes chez un lead.
- Indique un niveau quand c'est utile, sans inventer d'échelle absurde (pas de « React 92 % »). Un simple « courant / notions » suffit.
Décrire ses expériences : l'impact, pas la liste de tâches
Un recruteur tech se fiche que tu aies « participé au développement d'une application ». Il veut savoir quoi, avec quelle stack, et avec quel résultat.
Compare :
- ❌ « Développement de fonctionnalités et correction de bugs sur l'application. »
- ✅ « Développé le module de paiement (Stripe, Node.js) utilisé par ~5 000 users/mois ; réduit le taux d'échec de paiement de 12 % à 3 %. »
La formule qui marche : action + contexte technique + résultat mesurable. Même sans chiffre précis, ajoute une échelle (« sur une base de code de 200k lignes », « pour une équipe de 8 devs »). Ça transforme une tâche en réalisation.
Ce travail de reformulation, ligne par ligne, est fastidieux. candidat.app le fait à partir de ton vrai parcours : il reformule tes expériences en bullet points orientés impact et reprend les technologies de l'offre visée, sans rien inventer. Utile pour ne pas rester bloqué sur la page blanche.
Les projets : ta meilleure preuve
Pour un développeur, un lien vaut mille adjectifs. Une section projets bien faite peut compenser un diplôme atypique ou un manque d'années.
Pour chaque projet, donne : le nom + un lien (GitHub, démo, portfolio), une phrase sur ce que ça fait, et la stack. Exemple : « Kanban temps réel, appli de gestion de tâches collaborative (React, Node, WebSocket, PostgreSQL). [github.com/…] ». Privilégie deux ou trois projets aboutis plutôt que dix repos vides.
Le cas suisse et les ATS
Deux réflexes spécifiques au marché suisse et au tri automatique :
- Une seule colonne, format PDF texte. Les CV de dev très graphiques, sur deux ou trois colonnes avec des barres de compétences, passent mal les ATS et brouillent l'extraction. Sobre et structuré reste gagnant. Détails dans notre article sur le CV compatible ATS.
- L'anglais est quasi obligatoire. Beaucoup d'offres tech en Suisse romande sont bilingues ou en anglais. Indique clairement ton niveau, et n'hésite pas à reprendre les intitulés anglais (« Software Engineer », « Front-end Developer ») en plus du français.
Pour le reste (longueur, ordre, sobriété), les codes du CV suisse s'appliquent comme pour tout autre métier.
En résumé
Un CV de développeur efficace hiérarchise sa stack technique en haut, décrit ses expériences par l'impact plutôt que par les tâches, et s'appuie sur une section projets avec des liens. Il reprend les technologies exactes de l'offre, tient sur une à deux pages en une seule colonne pour rester lisible par les ATS, et n'affiche que ce que tu peux défendre en entretien. Pour un junior, les projets prouvent ce que le diplôme ne dit pas. En Suisse, ajoute un niveau d'anglais clair : c'est souvent le critère qui départage.
FAQ
Faut-il mettre son GitHub sur un CV de développeur ?
Oui, si le profil est actif et présentable. Un GitHub avec deux ou trois projets aboutis est un atout majeur, surtout en junior. En revanche, un lien vers un compte vide ou rempli de forks sans contribution peut desservir : mieux vaut ne rien mettre que montrer du vide.
Combien de technologies lister sur un CV de dev ?
Vise la maîtrise, pas la quantité. Une dizaine de technologies réellement pratiquées, regroupées par catégorie et hiérarchisées, valent mieux qu'une liste de trente que tu ne pourrais pas défendre. Chaque techno affichée est une question potentielle en entretien.
Un CV de développeur peut-il être créatif / graphique ?
Avec prudence. Un design trop chargé (colonnes multiples, barres de niveau, icônes partout) nuit à la lecture par les ATS et n'impressionne pas un lead technique, qui juge le code et les réalisations. Sobre, clair et bien structuré reste le plus efficace.
Quelle différence entre un CV junior et senior en dev ?
Le junior met les projets et la formation en avant pour prouver ses compétences ; le senior met l'expérience, l'impact, l'architecture et parfois le leadership technique (revues de code, mentorat, choix de stack). La stack reste en haut dans les deux cas.
Faut-il un CV en anglais pour postuler en tech en Suisse ?
Souvent, oui. De nombreuses entreprises tech en Suisse romande recrutent en anglais ou en environnement bilingue. Avoir une version anglaise prête, ou au minimum les bons intitulés anglais, élargit nettement le nombre d'offres accessibles.
